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Votre conseiller est-il un rabat-joie ?

Votre sécurité financière exige parfois de freiner vos élans.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, des conseillers membres de la Chambre de la sécurité financière rapportent une hausse marquée des demandes de prêts à effet de levier parmi leurs clients.

Cette stratégie consiste à emprunter de l’argent pour faire un placement dans des fonds communs ou titres que l’on croit prometteurs. L’idée est de pouvoir investir au-delà de ses liquidités disponibles et d'espérer atteindre ses objectifs plus rapidement que prévu, en pariant que le rendement à venir sera plus élevé que le taux auquel on a emprunté l'argent. Mais si la valeur des placements chute, on peut perdre sa mise et se retrouver endetté, peut-être même au-delà de ses moyens.

Avant de vous lancer dans un prêt levier, mieux vaut consulter un conseiller professionnel. Celui-ci commencera par vérifier si votre compréhension de la stratégie, votre situation personnelle et financière, vos liquidités et votre tolérance au risque sont adéquates pour aller de l'avant. Il pourrait par exemple vous rappeler une règle d'usage en matière de sécurité financière, qui consiste à ne jamais vous endetter à plus de 35 % de la valeur de vos revenus totaux - sans considérer les revenus potentiels du placement envisagé, bien entendu.

Demande inhabituelle et risquée = prudence

Qu'il s'agisse de prêts à effet de levier ou d'autres stratégies, votre conseiller a la responsabilité de vous expliquer clairement les avantages et les inconvénients de chaque décision d'investissement, surtout lorsqu'elle sort de l'ordinaire. En tant que membre de la Chambre de la sécurité financière, il est de son devoir de bien vous connaître et d’agir dans votre meilleur intérêt. Ainsi, si vous évoquez une idée inhabituelle et risquée, dans un contexte de grande volatilité de surcroît, il est fort probable qu'il hausse les sourcils et vous invite à vous abstenir.

Les émotions sont fortes en ces temps d'incertitude sur les marchés : elles peuvent varier de la panique à l'euphorie, toutes deux excessives. Cela fait justement partie du travail de votre conseiller de vous aider à gérer vos émotions en matière financière et s'il doit vous dissuader d'être trop optimiste, ce n'est pas par plaisir de gâcher votre enthousiasme mais bien par souci de votre intérêt financier à long terme.

Si néanmoins vous persistez à croire en votre intuition et préférez ne pas suivre ses conseils, alors la décision finale vous revient. Votre conseiller pourrait cependant vous demander de lui confirmer cette décision par écrit pour la consigner à votre dossier, voire refuser de continuer de vous servir. Il sera alors entendu que même si vous avez des regrets parce que vous encaissez des pertes substantielles, il aura agi comme tout professionnel ayant à cœur votre meilleur intérêt.

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