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Comment savoir si mon client est victime de fraude ?

01 avril 2020

En ces temps difficiles, les fraudeurs font preuve d’une grande créativité afin d’accéder aux informations personnelles des consommateurs. Voici quelques conseils pour détecter les signaux d’alarme et agir dans les règles de l’art.

Une recrudescence des fraudes a récemment été signalée par le Centre antifraude du Canada.

La situation de crise que nous traversons actuellement représente en effet une grande source d’inspiration pour les personnes mal intentionnées. Appels, courriels, textos… tous les moyens sont bons pour profiter de l’anxiété des consommateurs et leur tendre les pièges les plus astucieux.

Certains messages invitent leur destinataire à faire un don, d’autres à fournir des informations personnelles pour recevoir « des compensations », « de l’aide financière d’urgence du gouvernement » ou « des masques gratuits » pour se protéger de la COVID-19, d’autres encore menacent de poursuites ou d’emprisonnement si l’on ne verse pas une somme donnée immédiatement !

Quels indices ?

Il se peut que votre client ne vous parle pas de manière directe d’une offre suspecte. Lui-même n’est peut-être pas conscient que ça l’est, suspect ! Il faut donc jouer de finesse pour détecter les situations à risque :

  • Vous connaissez vos clients, vous devez donc vous montrer vigilant par rapport aux événements inhabituels : transferts d’argent bizarres ou étonnants du compte d’un client, signatures douteuses, demandes provenant d’une personne non autorisée, même d’un proche, pour des changements dans des documents importants appartenant au client, personnes qui s’intéressent aux finances du client sans raison valable, pressions exercées par un proche pourobtenir la  signature de documents, comme un contrat de prêt, de vente, un testament...
  • Portez une attention particulière aux cibles privilégiées des fraudeurs : la clientèle vieillissante, la clientèle fortunée et la clientèle qui a un faible niveau de littératie financière.  
  • Il n'y a pas que des fraudeurs extérieurs à l'entourage de la victime : pensez à la manipulation insidieuse faite par les proches (enfants, neveux et nièces, voisins, aide-soignant...) du client, notamment si ce dernier est une personne vulnérable. Les proches vont généralement jouer sur les sentiments, en disant par exemple qu’ils ne peuvent plus payer leur épicerie, que les petits-enfants n’auront rien à manger, etc. 

Comment réagir ?

Les gens ont tendance à penser que quelqu’un d’autre a probablement déjà signalé la fraude qu’ils constatent ou soupçonnent. Or, si tout le monde pense ainsi, elle ne sera jamais dénoncée. Dans le cas d'une situation de fraude avérée, votre client se retrouve face à un risque élevé de blessures pouvant nuire à sa santé et/ou sa sécurité – rappelons ici qu'une blessure peut être d’ordre physique ou psychologique. Vous avez en  conséquence le devoir d’intervenir afin d’éviter des conséquences irréparables pour lui.

  1. Lorsqu’une situation d’abus ne fait pas de doute, il faut agir rapidement, soit aviser sans délai votre service de la conformité et suivre la politique prévue. Vous pourriez notamment être en mesure de bloquer une transaction si celle-ci constitue une fraude potentielle. Vous pourriez également être autorisé à communiquer avec un proche pour le prévenir (même sans le consentement du client). Vous veillerez à documenter toutes les démarches effectuées et discussions tenues avec le client dans son dossier. Il serait par ailleurs souhaitable de faire une dénonciation à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse sans attendre. La Commission fera enquête
    et informera les autorités responsables 

    * Situation d’une personne âgée, seule et vulnérable : la même procédure s’applique. Si cette personne est suivie par un CLSC, il y a de fortes chances qu’une travailleuse sociale la visite régulièrement pour voir si tout va bien. Vous pouvez donc aussi mettre le CLSC au courant ou rencontrer la travailleuse sociale pour lui communiquer vos inquiétudes, afin de permettre la création d’un filet de protection communautaire dans le milieu. Cela pourrait également faciliter  l’identification des abuseurs.

    * Situation d’une personne inapte : dans le cas où c’est un mandataire qui est l’auteur de l’abus, vous devez avertir votre service de la conformité mais aussi, et sans attendre, communiquer avec le Curateur public pour signaler l’utilisation abusive d’un mandat en cas d’inaptitude. 
     
  2. Lorsque vous avez des doutes, mais ne pouvez prouver vos intuitions
    Par exemple, vous pouvez avoir l’impression qu’un client n’ose pas vous avouer être victime d’une personne de son entourage qui le pousse à l’avantager indûment. Dans de telles circonstances, il vaut mieux se montrer prudent, car les apparences peuvent être trompeuses Premièrement, vous devriez aviser votre service de conformité et suivre la politique prévue. Notez au dossier du client les éléments qui laissent croire qu’il y aurait fraude, essayez d’obtenir les informations pertinentes, documentez toutes les démarches effectuées et discussions tenues avec le client.

    Premièrement, vous devriez aviser votre service de la conformité et suivre la politique prévue. Notez au dossier du client les éléments qui laissent croire qu’il y aurait fraude, essayez d’obtenir les informations pertinentes, documentez toutes les démarches effectuées et discussions tenues avec le client.

    Si, lors d’une rencontre, votre client est accompagné par une tierce personne que vous soupçonnez de l’intimider ou de l’influencer et si vous doutez de l’intention de votre client de faire une transaction pour lui-même, dans son intérêt, vous pourriez fixer une rencontre seul à seul avec ce dernier pour vérifier si la demande représente bien sa volonté.

    N’oubliez pas qu’en vieillissant, nos priorités changent, nos sensibilités aussi. On peut être prêt à se sacrifier pour avantager ceux qu’on aime et avoir le plaisir de les voir en profiter. Le conseiller doit respecter la dignité du client, son rythme, sa volonté, son autonomie, ses sensibilités culturelles ainsi que la confidentialité de son dossier et de son état de santé.

Ressources

Consultez la section InfoCOVID-19 de la CSF pour davantage d’informations 

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