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CSF
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Mot de la direction

Déconstruire: Le
spectre de l' automne

La chambre aura 20 ans bientôt. Durant toutes ces années, notre organisme voué à la protection du public épargnant s'est construit et s'est raffiné au contact de ses milliers de membres.

La CSF a élaboré de la formation, vu aux meilleures pratiques, s'est prononcée sur les enjeux de l'industrie et a participé aux discussions ou consultations qui améliorent les rapports entre la clientèle et les professionnels. Avec tout ce travail de terrain, la protection du public est bien ancrée dans l'ADN des membres de la Chambre. Si la Chambre existe dans son état actuel, c'est parce que les professionnels qui la composent ont à cœur l'intérêt et la santé financière de chacun des millions de consommateurs avec qui ils font affaire quotidiennement. C'est la fondation même de la CSF, ce sur quoi repose cet édifice que l'on s'est donné collectivement en 1999. Au profit de qui voudrait-on la démembrer ?

Bon an, mal an, la Chambre mène plus de 500 enquêtes sur le terrain. Cet exercice minutieux est effectué pour s'assurer que tous les intermédiaires placent l'intérêt du public avant leur intérêt personnel. Les consommateurs de produits et services financiers sont les premiers à en bénéficier. Toutefois, l'industrie et ses membres ont aussi tout à gagner de ce filet de protection puisqu'il assure à la société québécoise un environnement financier sain et professionnel auquel le public peut avoir pleinement confiance. Et nous savons que c'est la valeur phare dans notre secteur d'activité. Voulons-nous vraiment ébranler cette confiance ?

Parce que cette valeur, si chère à tous, est le ciment de ce bel édifice qui a pris tout ce temps pour faire sa marque et sa réputation. Or, la CSF pourrait être déconstruite du jour au lendemain, rayée de la carte d'un coup de baguette.

Il y a maintenant deux ans que l'on évoque le démantèlement de la Chambre. Cela s'est fait par étapes. D'abord à mots couverts, puis à la présentation du budget 2016 et enfin, au printemps 2017 quand le ministre Leitão a annoncé clairement au Comité des finances publiques de l'Assemblée nationale « [...] qu'il serait souhaitable que les activités de la CSF soient intégrées au régulateur, l'AMF...».

Dans le contexte d'une réforme gigantesque où l'expertise de la CSF risque d'être noyée, le public risque de perdre un intervenant de première ligne et un filet de sécurité, les organismes de protection des consommateurs pourraient perdre une alliée, et les conseillers pourraient perdre leur statut professionnel.

photo André Di Vita
  • André Di Vita
    Président du Conseil d'Administration
photo Me Marie Elaine Farley
  • Me Marie Elaine Farley
    Présidente et Chef de la Direction

À la suite de la débâcle des marchés de 2008, les autorités réglementaires de toute la planète ont pris, avec raison, des mesures macroprudentielles pour protéger les investisseurs. Les dernières réformes en date concernent maintenant l'abolition des commissions intégrées, déjà appliquée et très critiquée dans certains pays.

  • On semble oublier que si les consommateurs québécois ont peu été touchés par la crise financière, c'est aussi en raison de la qualité des conseils et du professionnalisme de nos conseillers. La CSF est garante de ce professionnalisme.

Mais en matière prudentielle, le Québec est déjà à l'avant-garde au Canada car il compte sur un système multidisciplinaire professionnel très ferme et efficace au service du public. On semble oublier que si les consommateurs québécois ont peu été touchés par la crise financière, c'est aussi en raison de la qualité des conseils et du professionnalisme de nos conseillers. La CSF est garante de ce professionnalisme.

Si la CSF disparaît, tout le monde y perd. Personne n'y gagne. Il faut le dire et se le dire. Les conseillers sont plus de 32 000 et ils servent des millions d'épargnants. On ne doit pas déconstruire ce qui enrichit notre société !

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